Et ben voilà, je suis revenu de Suisse! Je vous donne, comme promis, tous les détails de mon voyage.
Lundi, 22 octobre : Comme je l’ai déjà dit, je me suis levé à 5h du mat pour attraper un train qui devait partir à 7h12, qui a été annulé à cause d’une rupture du caténaire sur la rame reliant Lyon à Genève, qui été remplacé par un autre train qui devait partir à 7h38 qui a eu 30 min de retard et qui a été contourné (mais alors là royalement) à cause de la susdite rupture de caténaire, qui a passé par les pires bleds perdus, qui a eu des pépins mécaniques et qui a été forcé de faire des arrêts de service, qui finalement n’allait pas jusqu’à Genève mais s’arrêtait à Bellegarde d’où il fallait transiter dans un autre train qu’il fallait attendre et dans lequel il n’y avait plus de place et qui nous a finalement mené à Genève… à 12h30. Je devais arriver normalement à 8h54 et ai donc eu 3h30 de retard sur l’horaire.
Après avoir passé les douanes et m’être perdu quelques minutes j’ai fini par trouver le chemin de l’auberge de jeunesse et m’y suis rendu. Le City Hostel est une auberge qui, bien que pas très typique, est très propre, bien organisée et bien située. Après avoir déposé mes trucs dans la chambre, je suis allé me balader de suite dans les rues de Genève. Dès cette première excursion, j’ai été complètement charmé par la ville : Il y a un je-ne-sais-quoi de chaleureux et de gai ici qui confirme l’idée que je me faisais de la Suisse bavaroise, montagnarde et bonne vivante. Les gens y sont généralement souriants, de bonne humeur et fort sympathiques. J’ai aussi beaucoup apprécié à mon arrivée, bien que cela puisse paraître étrange, la température quasi hivernale qu’il y faisait. Je pense que l’automne comme je le connais me manquait et que j’ai retrouvé là l’air frais et maritime qui me plaît tant en cette saison.
Après une petite balade sur les quais de la ville j’ai cherché un endroit où me restaurer. J’ai hésité longtemps entre différents casse-croûtes et suis finalement entré à la brasserie-restaurant Les Brasseurs. Je prends maintenant un petit instant pour vous décrire ce repas car il a sans doute été le point le plus fort de mon voyage : J’étais complètement gelé à cause de la température, affamé car je n’avais pas pris le temps de manger quoi que ce soit le matin (en me disant que le voyage en train serait de courte durée), parfaitement enchanté de la ville dans laquelle je me trouvais et tout à fait séduit par les boiseries anciennes et le charme de la brasserie où je venais de m’asseoir. J’ai commandé une flammekueche, une sorte de pizza avec de la crème, des légumes et des olives et une bière aux cerises. Depuis déjà plusieurs semaines je ne mange chez moi que des pâtes trop cuites et des plats qui manquent souvent de goût ; je jouissais maintenant d’un repas qui m’a semblé être le meilleur du monde, dans l’endroit le plus agréable du monde.
Ensuite, après avoir marché pendant quelques heures, je me suis dirigé vers l’hostel pour attraper un pull, car il faisait définitivement frette, et pour me faire vite fait des pâtes au fromage dans la cuisine de l’auberge. J’ai alors rencontré Florian, un Allemand venu suivre un séminaire sur le réchauffement climatique avec qui je partageais ma chambre. Je lui ai offert de partager mon repas et il a accepté puisque le repas était végétarien, tout comme lui. Nous avons bavardé un peu (en anglais évidemment) et avons été en ville pour tâter du houblon local.
Mardi, 23 octobre : J’avais décidé de consacrer cette journée au plus célèbre des Genevois. Ainsi, après avoir fait un tour rapide sur l’île Rousseau, je me suis rendu assez tôt le matin à l’espace du même nom, le musée officiel situé dans la maison natale du philosophe, mais me suis cogné le nez à une porte clause, étant trop matinal. J’ai été attendre l’ouverture du musée dans un petit café pas très loin et ai mangé un croissant aux noisettes et chocolat suisse. J’ai été franchement bien déçu du musée… Il s’agit de deux pièces tout à fait normales et sans intérêt dans lesquelles ont a installé trois ou quatre panneaux avec des images et des imprimés. La visite se fait avec un audio-guide et dure 25 minutes au bout desquelles on reste avec l’impression d’avoir lu la quatrième de couverture des Confessions de Rousseau… Bref, la ville qui a fermé ses portes devant le petit Jean-Jacques ne les a pas encore parfaitement ré-ouvertes.
Par après, j’ai décidé d’aller à l’autre bout de la ville complètement pour me balader dans le jardin botanique. Sur le chemin, j’ai acheté dans un petit kiosque des marrons grillés et j’ai bien aimé l’expérience. On peut voir dans le jardin quelques animaux, des plantes rares, des serres, etc. Déception cependant : j’ai entrevu dans les arbres du jardin un suisse suisse mais je n’ai pas été assez rapide pour le prendre en photo… J’ai marché jusque dans un secteur du jardin où se trouvaient quelques musées dont celui des Suisses à l’étranger, situé dans une demeure magnifique et que j’ai visité. Ensuite, comme je me trouvais dans le secteur, j’ai décidé d’aller voir l’ONU. Coup de bol, une visite en français démarrait dans les quinze minutes. J’ai passé au détecteur de métal, j’ai montré mon passeport et on m’a fait une carte d’identité spéciale pour la visite. Je me suis alors vite souvenu pourquoi je déteste les visites guidées : il y avait dans le groupe quatre ou cinq piplettes qui semblaient rivaliser pour trouver LA question la plus hors de propos et insignifiante à poser à l’hôtesse. Cette dernière semblait d’ailleurs exaspérée et est passée à deux cheveux de remettre une de ces personnes à la sécurité lorsqu’elle s’est éloignée du groupe.
Je suis ensuite retourné à l’hostel pour déposer quelques trucs et suis reparti vers la ville pour le dîner. J’ai trouvé un petit resto sympa où on se spécialisait dans les pâtes et ai commandé un spaghetti aux chanterelles avec un petit verre de rouge. De retour à l’auberge, j’ai rencontré un chinois qui venait d’arriver dans la chambre et qui réalise des courts-métrages et des documentaires. Je lui ai parlé un peu mais il est parti très tôt le lendemain et je ne l’ai plus revu. Par après, j’ai été prendre un verre dans une brasserie artisanale en ville.
Mercredi, 24 octobre : Je me suis levé avec un petit fond de mal de gorge qui s’est plus ou moins estompé dans la journée. J’ai d’abord été prendre un petit café dans un resto en ville avant de me rendre au Muséum d’histoire naturelle. Je dois dire que mon affection pour les muséums n’est pas étrangère au petit bonhomme que j’étais qui trippait sur les dinosaures et sur Jurassic Park. Quoi qu’il en soit, j’aime bien me balader dans ce type de musée. Comme je l’ai déjà dit, il y avait là le squelette de Lucy, le spécimen le plus complet d’hominidé jamais découvert, moins complet cependant que ce que j’avais imaginé (voir photos). D’ailleurs, si la plupart des morceaux de Lucy manquent ce n’est rien comparé aux pièces du musée des Beaux-Arts que j’ai visité par après : l’étage des Beaux-Arts était carrément fermé pour rénovations, les autres pièces étaient des expos temporaires et payantes. Je n’ai pu voir que la petite salle de la préhistoire.
J’ai ensuite été déjeuner dans une crêperie bretonne et j’y ai pris une crêpe aux champignons avec une bière noire de Bretagne. Par après, je me suis baladé dans la ville et suis entré dans la maison Tavel, un musée consacré à l’histoire de la vie quotidienne genevoise. Puis, j’ai été me chercher un petit dessert dans une chocolaterie (voir photos) et ai marché jusqu’à la brasserie Les Brasseurs, dont j’ai déjà parlé, pour y prendre un bock de bière ambrée. J’ai commencé un dessin dans mon cahier pendant que je buvais ma bière et, voyant que ça semblait plaire aux serveuses et au patron du bar, j’ai décidé de leur laisser en partant.
Je suis ensuite allé en ville pour me trouver un restaurant où manger une fondue suisse, comme j’avais prévu de le faire le jour de mon anniversaire. Malheureusement, qui choisit prend pire, je suis entré dans un restaurant qui me semblait bien au départ mais qui s’est avéré, à mesure que les clients le remplissaient, fort peu à mon goût et beaucoup trop chic pour moi. La nourriture était excellente mais je n’en ai pas profité du tout : j’avais hâte de partir et je me sentais très inconfortable entouré d’une foule de vieux bourgeois en habits et en robes. Il y avait sur les murs des photos de Bill et Hilary Clinton mangeant dans le restaurant ainsi que diverses autres personnalités connues. Bref, j’ai engouffré aussi vite que j’ai pu ma soupe, ma fondu et mon verre de vin et me suis éclipsé du restaurant pour aller me réfugier dans un pub irlandais où j’étais plus à mon aise, avec une bonne pint de Guinness. Je suis ensuite allé me coucher et ai eu un peu de mal à dormir à cause de mon mal de gorge qui reprenait de plus bel.
Jeudi, 25 octobre : Ce matin, après avoir fait le check-out et laissé mes bagages dans un casier à l’auberge, je suis allé visiter le quartier des grottes situé juste derrière la gare où se trouve une série de bâtiments appelés Les Schtroumpfs à cause de leurs formes arrondies et de leur allure de champignon. J’ai ensuite été prendre un café en ville et me suis promené une bonne partie de l’avant-midi dans les rues excentrées. J’ai même tellement marché que je suis sorti de Genève et ai mis une bonne demi-heure à retrouver mon chemin. Arrivé au lac de Genève, j’ai vu que la fontaine était enfin activée et je suis allé la voir de plus près.
Par après, je suis allé déjeuner chez Les Brasseurs et j’ai pris cette fois une rösti aux légumes, une sorte de galette aux patates avec des légumes sautés. J’ai été prendre mon dessert dans une glacerie un peu plus loin. J’ai commencé alors à trouver que je tournais un peu en rond et j’étais bien embêté de me trouver une occupation jusqu’à l’heure de mon départ en train, prévu à 18h. J’avais visité tous les musées que je voulais voir, j’étais plutôt crevé d’avoir marché presque huit heures par jour depuis mon arrivée et j’étais affaibli par mon fond de grippe, toujours présent. J’ai décidé d’aller voir à la gare si c’était possible de devancer mon train et la personne à l’accueil m’a assuré que je pouvais prendre n’importe quel train se dirigeant vers Lyon avec mon billet, peu importe l’heure. J’ai donc été faire un saut à l’épicerie pour m’acheter un kilo de chocolat et un kilo de fromage à fondu (des petits souvenirs incontournables, héhé) puis j’ai été cherché mes bagages à l’auberge et suis retourné à la gare d’où un train partait pour Lyon dix minutes plus tard, soit à 14h52. Cette fois, et heureusement, pas d’embrouille avec le train. Je suis arrivé à Lyon vers 16h40 et me suis dirigé illico vers mon appart où j’ai retrouvé mon petit chez moi douillet et mes petites affaires.
Ce soir je prend ça plutôt relaxe : je me suis ouvert une petite bouteille de vin et je prends le temps d’écrire ce message avant d’aller dormir un bon coup.
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