Franchement, la journée du 17 décembre dernier aurait été digne d’un film. Une vrai aventure où tout part en couille au début et où c’est de pire en pire jusqu’au climax qui, espérons-le, est maintenant derrière nous.
D’abord, il faut dire que j’ai eu pour ma part un petit avant-midi tranquille. Sa caillait ferme hier et il y avait même de la givre sur les voitures. J’ai profité de cette température glaciale pour aller m’enfermer dans le seul endroit de la ville qui n’est pas chauffé : la laverie automatique. J’avais un édredon à laver et j’ai dû passer une bonne heure et demie à grelotter et à faire de la buée en compagnie de gens tous aussi bizarres les uns que les autres (la laverie est toujours un endroit de rencontres particulier…). De retour chez moi, j’ai fait un peu de ménage en attendant l’arrivée de mon père prévue pour 15 h environ. Seulement voilà, j’ai reçu un appel de ma mère ;
Comme plusieurs d’entre vous le savent déjà, c’était la tempête du siècle dimanche dernier à Québec ce qui, conséquemment, a mis un bordel pas possible dans les transports aériens. Certain que son vol avait été reporté, mon père a appelé plusieurs fois la ligne d’Air Transat afin de confirmer l’horaire du vol qui demeurait le même malgré les rafales de vent et de neige à l’extérieur. Même en insistant, la messagerie vocale de la compagnie restait impassible et répétait que le décollage s’effectuerait bien à 17h55 comme prévu. Soit, puisque vol il y avait il fallait bien se rendre à l’aéroport.
Comme, je vous le répète, c’était dehors la tempête et que ma mère ne se sentait pas trop de conduire dans cette température mes parents ont demandé à notre voisin (et cousin) d’aller les porter. Au péril de leur vie, ils ont parcouru le trajet glacé et enneigé vers la gare aéroportuaire. Tout à coup, dans la voiture, la radio s’est arrêté puis les essuie-glaces puis les lumières et enfin le moteur : panne. Heureusement, ils arrivaient tout juste dans le stationnement de l’aéroport et mon père a donc pu se rendre à l’intérieur.
Dans la gare, il a eu la confirmation que le départ de son vol était bel et bien resté le même et que le décollage était toujours prévu pour 17h55. Or, chose étrange : c’était le seul vol de tout l’aéroport qui n’avait pas été reporté. Les passagers se sont enregistrés puis, quelques minutes avant le départ prévu, on a annoncé que le vol serait finalement remis au lendemain à 14h.
Mon père a dû prendre une chambre dans un hôtel à côté comme la plupart des autres passagers, à ses frais puisque la compagnie refuse de débourser le moindre denier pour les inconvénients inhérents à l’annulation du vol à la dernière minute. Ma mère, ma sœur et mon cousin ont été forcés de payer un taxi pour rentrer puisque la voiture avec laquelle ils étaient venus refusait toujours de démarrer. Apparemment, le chauffeur de ce taxi était un brin givré et, tout en conduisant à toute vitesse en pleine tempête, tentait de se convaincre en regardant mon cousin (donc en ne regardant pas la route) qu’ils s’étaient déjà vu quelque part.
De mon côté, lorsque j’ai su que le vol de mon père était reporté au lendemain je me suis rendu immédiatement au bureau de la SNCF (société des chemins de fer) pour tenter d’échanger le billet de train Paris-Lyon que nous avions déjà acheté et que mon père ne pourrait pas prendre à cause du retard de son vol. Je suis arrivé au bureau et j’ai expliqué la situation à une préposée qui m’a dit qu’il suffisait d’annuler le billet sur Internet et d’en acheter un autre après. Or, l’annulation devait impérativement être effectuée avant le départ prévu du train : il était 12h52 et le train partait à 12h54. J’expliquai calmement à la préposée que je n’avais pas le temps de retourner chez moi pour faire l’annulation et lui demandai si elle ne pouvait pas le faire à ma place, là-maintenant-tout-de-suite. Elle m’a confessé qu’elle ne savait pas comment aller sur Internet à partir de son poste de travail. Le temps qu’elle y arrive, il était 12h55…Heureusement, la préposée m’a dit qu’elle pourrait me rembourser le billet à la mitaine mais seulement deux jours plus tard et dans un autre bureau de la SNCF (pourquoi? mystère…).
J’ai transmis les informations à mon père qui se trouvait toujours dans une chambre d’hôtel à attendre son vol. Comme il n’arriverait plus que le lendemain matin j’ai décidé de m’attaquer à la résolution de mon tracas numéro 2 : mon problème d’ordi. Un ami m’avait conseillé d’aller le faire réparer chez un petit commerçant dans le quartier arabe de la ville. Je m’y suis donc rendu et j’ai exposé mon problème à une personne dont le regard était aussi brillant et éveillé que celui d’une carpe (voir photos). Après avoir testé quelques trucs le gars m’a dit que ça me coûterait 60 euros pour le faire réparer. « Plus le coût du nouveau disque dur? » l’interrogeais-je. « C’est pas le disque dur c’est le système d’exploitation… » rétorqua-t-il. Je le regardai avec des grands yeux de Bambi, ému aux larmes et ne cachant pas ma joie : « Ah oui? ». Pour ceux à qui ça ne dit rien j’explique : ça voulait dire que je pourrais réparer le problème moi-même, gratuitement, et qu’en plus je n’aurais rien perdu de mes données. Je repris donc mon ordi et m’en fus chez moi pour réparer Windows qui fonctionne maintenant à merveille (enfin, qui fonctionne comme un Windows Vista normal mettons...). Nul besoin de vous dire que dès que l’ordi a été remis sur pied j’ai immédiatement fait un backup de toutes mes données.
Le lendemain matin je me suis réveillé tôt afin d’attendre l’appel de mon père qui devait arriver dans la matinée. Le téléphone a sonné mais au lieu d’entendre la voix que j’attendais ce fut celle d’un étranger qui me disait que mon père m’attendait à la gare de la Part-Dieu. Je m’en fus donc illico en métro vers la gare de trains et y trouvai mon père qui s’apprêtait à me retéléphoner. En fait, il avait demandé à une personne au café où il attendait de lui prêter son téléphone portable pour qu’il puisse m’appeler et cette personne, en toute méfiance, a préféré faire elle-même l’appel. Mon père s’était mis à douter que j’avais bel et bien été contacté et venait de s’acheter une carte d’appel pour me rejoindre (ici, les téléphones publics ne fonctionnent plus avec des pièces, c’est donc minimum 5 euros pour faire un appel…).
Quoi qu’il en soit, la grande mésaventure s’est terminée au moment où nous avons posé les sacs de mon père dans l’appartement. Durant le reste de la journée nous avons fait un petit tour rapide de la ville et de ses attraits et nous avons écouté un film en soirée pour bien nous reposer avant notre départ, le lendemain, pour Barcelone.
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