dimanche 18 novembre 2007

Grosse semaine

La dernière semaine a été plutôt riche en rencontres et en festoiement, au dépend de mon rythme de travail. De toute manière, après avoir passé plusieurs semaines comme un ascète dans mon appartement ça m’a fait du bien de sortir un peu et de pouvoir parler à des gens; Mes commandes n’en ont que peu souffert et c’est avec une énergie retrouvée que je m’attaque aujourd’hui à de nouvelles œuvres.

Mercredi, j’ai reçu un appel de Julien, une des personnes que j’avais rencontrées lors de la pendaison de crémaillère en ville, qui m’a invité à venir prendre le thé chez lui en fin d’après-midi. Après avoir fait un joli petit détour dans le métro parce qu’il y avait un accident sur une des lignes je me suis enfin rendu à son appartement. Nous avons discuté un peu, avons joué aux fléchettes et puis nous sommes partis retrouver le cousin de Julien qui était en ville avec sa copine pour le dîner. Pour nous rendre à l’endroit prévu nous avons pris les Vélo’v et j’ai enfin pu comprendre comment ça fonctionnait : ce sont des vélos spéciaux qui sont attachés à des bornes dispersées un peu partout dans la ville et qu’on peut prendre pendant une demi-heure tout à fait gratuitement (sous condition d’avoir une carte bleue à puce). C’est un concept excellent qu’on aurait très certainement avantage à installer au Québec.

Nous avons donc retrouvé le cousin de Julien et sa copine au Häagen-Dazs et puis nous sommes allés à L’Épicerie, un petit restaurant arabe très sympa situé dans le cartier de la Croix-Rousse. Malheureusement, il n’y avait rien sur le menu officiel de végétarien mais le proprio m’a fait une assiette de diverses salades et de légumes qui a été excellente. Nous avons mangé et puis, comme il n’y avait personne d’autre que nous dans le restaurant, le propriétaire est venu nous parler. Il nous a décrit en détail sa situation en tant qu’arabe Français et restaurateur et nous a expliqué son opinion sur la politique française et sur les croyances religieuses. Ça a été une discussion très intéressante et j’ai réalisé que c’était la première fois dans mes voyages que je discutais avec un arabe. Après quelques heures de conversation il se faisait tard et nous sommes rentrés sous la neige (de la pluie froide, mais si ça peut faire plaisir aux Français disons que c’est de la neige…).

Jeudi, j’ai fait de la peinture toute la journée et j’ai mis la touche finale à ma grande commande sur laquelle je travaille depuis déjà un mois (voir photos). En soirée, David, le québécois qui était resté à Lyon, est venu frapper à ma porte pour m’inviter à sortir avec ma voisine Gabriella, chez qui il était hébergé depuis notre dernière rencontre, et quelques autres personnes. Nous sommes allés au Perroquet bourré, où il n’y avait plus de place, puis au Barberousse. C’était une soirée sympathique qui s’est terminée assez tard (trop tard pour le métro, nous avons dû prendre un taxi pour le retour).

Vendredi, je me suis réveillé vers 12h30 et je me suis trainé jusqu’à ma table de travail pour faire un peu de peinture. J’ai travaillé toute la journée et vers la fin de la soirée Gabriella, ma voisine, est venue frapper à ma porte pour m’inviter à une petite fête donnée chez une autre des personnes qui demeure dans l’immeuble. Comme j’ai le bon voisinage à cœur j’ai accepté. J’ai parlé une bonne partie de la soirée avec Camille, le copain de Gabriella, qui a déménagé à Paris pour son boulot il y a deux semaines. Je suis rentré assez tôt chez moi mais ai pris rendez-vous avec Camille le lendemain chez un de ses amis.

Samedi, j’ai réglé quelques trucs le matin et j’ai fait un peu de peinture jusqu’à 15h environ. Je suis ensuite allé rejoindre Camille, comme c’était prévu, et nous sommes allés chez ses amis Cédric et Clotilde prendre un café et discuter un peu. Je ne suis parti de là que vers 18h et suis retourné chez moi pour dîner et continuer un peu mon travail.

Dimanche, je me suis encore une fois levé très tard et j’ai commencé à faire mes trucs tranquillement. Plus tard dans la journée, Camille et Gabriella sont montés du dessous avec leurs couleurs et leurs pinceaux pour venir continuer des peintures qu’ils avaient commencés. Nous n’avons pas eu le temps de faire grand chose car je devais rejoindre Annalisa, l’Italienne chez qui j’avais été le samedi d’avant pour sa pendaison de crémaillère, à 16h30 au Transbordeur pour le match d’impro Lyon-Québec. Camille et Gabriella avaient décidé de venir aussi alors nous nous sommes tous dirigés vers la salle de spectacle. Ceux qui me connaissent bien savent que j’ai un excellent sens de l’orientation mais je ne suis pas immunisé cependant contre l’imprécision de Google map. Selon ce dernier, la salle se trouvait à un certain bout d’une très longue rue alors qu’elle se trouvait en vérité à l’autre bout de cette très très longue rue. Nous avons donc dû marcher pendant 30 min et sommes arrivés à la salle à 17h00 (l’impro était aussi à 17h00). Il y avait dehors une très longue file et bien que je fusse heureux de constater l’engouement pour ce match d’impro j’étais cependant un peu inquiet car Camille et Gabriella n’avaient pas de billet. Comme ils laissaient entrer ceux qui avaient déjà leur billet je suis allé réserver tout de suite des places. J’étais de plus en plus inquiet car la salle, aussi grande soit-elle, était déjà presque remplie et mes amis étaient à la toute fin la queue d’attente. J’ai attendu puis les lumières se sont abaissées et je me suis dit que c’était foutu. Mais, miracle, je les ai vus monter l’estrade et ils sont venus s’asseoir dans les places que je leur avais réservées. En fait, un mec dans la file d’attente avait un billet en trop et ils ont réussi à tous passer en disant qu’ils étaient ensemble et qu’ils n’avaient pas tous leur billet.

Le spectacle a été excellent. C’était plutôt étrange de voir Réal Bossé et Luc Senay en vrai, ici à Lyon. Il y a eu de bons affrontements et la partie a été très serrée. Les Lyonnais ont gagnés par un point mais on a senti beaucoup plus de coopération que de compétition entre les équipes dans ce match. Je pensais bien voir ou entendre quelques Québécois dans l’assistance mais je n’en ai rencontré aucun (Je commence à croire sérieusement que je suis maintenant le seul Québécois dans cette ville), Le match s’est terminé sur une note une peu moins réjouissante : Luc Senay a fait un speech très émotif pour demander une minute de bruit (par opposition à une minute de silence, généralement réservée aux défunts) pour Yvon Leduc, le co-fondateur de la Ligue d’impro du Québec, qui se trouvait depuis la veille entre la vie et la mort suite à un A.C.V. survenu alors que l’équipe du Québec se dirigeait vers un de leurs matchs.

Après le spectacle nous sommes retournés à l’immeuble, nous avons rassemblé quelques plats et nous avons dîné ensemble. Un peu plus tard, Élodie, une autre de mes voisines, est venue nous rejoindre et nous avons discuté le reste de la soirée.

lundi 12 novembre 2007

Party time!

Après avoir passé plusieurs semaines à faire le moine et à ne parler à presque personne je me suis enfin décidé à sortir de chez moi et à affronter la lumière crue du jour. J’ai été me balader un peu et j’ai découvert de nouveaux secteurs de la ville que je ne connaissais pas. Puis, j’ai reçu l’invitation par courriel d’une Italienne venue depuis peu s’établir à Lyon pour son travail et avec laquelle j’avais sympathisé alors que je cherchais une possibilité de colocation (et que elle aussi). Elle a trouvé une colocation en plein cœur de la ville avec deux autres Français et c’était samedi la pendaison de la crémaillère. Chacun des colocs avait invité quelques personnes et la plupart des invités ne se connaissaient pas entre eux. Ça a été une soirée fort sympathique et j’ai pu faire la connaissance de plusieurs personnes avec qui je garderai possiblement contact.

Dimanche, pas trop dedans, j’ai commencé tranquillement à faire mes peintures et je me suis finalement arrêté le soir venu seulement. Je me suis reposé en me laissant aller au reliquat de mes basses pulsions juvéniles en me bidonnant bien devant American Pie qui passait à la télé.

Lundi matin, prenant mon courage et une immense liasse de papier à deux mains, j’ai décidé de me rendre à la CAF (Caisse d’Allocation Familiale) pour voir si j’étais éligible à l’allocation au logement. Éveillant le stratège en moi, j’ai décidé d’attaquer tôt pour éviter les files d’attente et profiter de l’effet de surprise sur les préposées. J’ai tiré le premier : « Suis-je éligible à l’allocation au logement madame? ». « Z’avez un visa de séjour? » de riposter ma rivale. « Oui, madame! », et tac! « Et bien je vous répondrai par la bouche de mon imprimante, monsieur! ». Sortant l’artillerie lourde, mon adversaire me mitrailla de dizaines de rafales de formulaires à remplir. Ma motivation est morte au champ d’honneur. Dérouté, affaibli et ayant subi de lourdes pertes, j’ai sonné la retraite. J’emportai avec moi les formulaires comme autant de blessures à soigner. Bien sûr, il me faudra du temps pour que les plaies béantes que sont les cases à remplir se referment toutes mais j’y arriverai et le jour où je serai enfin remis sur pied c’est avec ses propres armes que je viendrai à bout de mon ennemi.

Après mon court passage à la CAF, j’ai voulu aller à la FNAC pour acheter des billets pour un match d’impro Lyon-Québec qui est donné dimanche prochain (auquel participent Luc Senay et Réal Bossé) mais, comme c’était fermé, j’ai décidé d’aller attendre l’ouverture dans un petit café à côté. J’étais en train d’examiner avec dégoût les formulaires qu’on venait de me donner quand j’ai entendu un son familier : deux Québécois étaient assis au comptoir du café. Je suis allé leur parler et j’ai demandé ce qu’ils faisaient là, je leur ai expliqué ma situation et on a convenu de se donner rendez-vous le soir même pour aller prendre une bière quelque part. Après, sur le chemin du retour, je me suis arrêté au Troc de l’île pour me trouver quelques trucs pour l’appartement et j’ai vu un joli futon deux places que j’ai acheté. On m’a prêté un chariot et j’ai fait trois allers-retours jusqu’à mon appartement pour transporter le futon démonté et le matelas. Le monter jusqu’au quatrième étage tout seul ça a été moins facile mais j’ai fini quand même par réussir. Donc, avis aux intéressés : y a de la place pour coucher si vous venez me visiter!
Après, je suis allé faire une grosse brassée de lavage et j’en ai profité pour laver la pochette protectrice du matelas du futon. Je suis revenu chez moi, je me suis préparé à bouffer et j’ai travaillé sur mes trucs un peu. Étienne et David, les deux québécois, m’ont ensuite appelé et m’ont proposé de venir chez moi avec une bouteille de vin au lieu de sortir. J’ai accepté avec plaisir et ils sont arrivés un peu plus tard dans la soirée. Ça a été super agréable et ça m’a fait franchement du bien de pouvoir parler québécois pour de vra, sti! David, qui était sorti fumer, a ramené une des locataires de l’immeuble qu’il avait croisé et j’ai donc pu rencontrer ma voisine (!). Avant qu’ils partent, j’ai proposé à Étienne et David de rester chez moi durant leur passage à Lyon. Étienne devait partir le lendemain pour Paris mais David a semblé intéressé, on en discutera…

Par ailleurs, j’ai appris dernièrement que mon père viendra me rejoindre pour passer les fêtes avec moi. Je commence à planifier un peu son séjour ici et peut-être un éventuel voyage quelque part en Europe.

jeudi 8 novembre 2007

Résumé des derniers jours

Je n’ai pas été très disert sur le blog ces derniers jours; c’est que la vie ici suit son cours normal et que je ne veux pas vous embêter et vous rabâchant toujours les mêmes choses. En gros, je me suis plutôt concentré sur le travail depuis mon retour de Suisse et je ne suis sorti de chez moi presque uniquement que pour ma balade nocturne quotidienne en ville. Je donne un bon coup dans les commandes car il y a certains échéanciers que je dois respecter et car j’ai plusieurs projets qui me trottent dans la tête.

Par ailleurs, je suis récemment allé visiter une amie de Québec, Claire Sénéclause (que certains connaissent), qui loge chez sa mère durant son passage en France après son voyage aux Indes. Elle m’a apporté des pantoufles en phentex que ma mère m’avait envoyé et qui font le bonheur depuis ce jour des deux glaçons que j’ai au bout des pattes. Aussi, j’ai eu la visite aujourd’hui de la femme de mon propriétaire, venue avec sa sœur, qui m’a passé commande d’une œuvre.

Pour ceux que ça peut intéresser, je mets en ligne la recette de flammekueche (voir article précédant) que j’utilise depuis plusieurs jours et qui ne me déçoit pas du tout :

- Une pâte brisée (format grande pizza, dsl pour l’imprécision)
- 100-150 ml de crème fraîche
- Deux oignons
- Un poivron
- Quelques champignons de Paris
- Des olives
- De l’huile d’olive
- Du sel et du poivre

Étendre la pâte sur une plaque, y mettre la crème fraîche (comme si vous mettiez de la sauce tomate sur une pizza). Couvrir d’oignons, de poivrons et de champignons coupés en morceaux. Mettre les olives et badigeonner le tout d’un peu d’huile d’olive. Mettre un peu de sel et un peu de poivre. Faire chauffer la flammekueche à haute température (environ 350 degrés) dans le four une dizaine de minutes (jusqu’à ce que la pâte soit croutée. Savourer idéalement avec une musique d’accordéon et un bock de bière.