Après notre retour de Barcelone, mon père a poursuivit son voyage à Lyon et moi j’ai repris un peu de mon petit quotidien. Un des premiers besoins qui se fit sentir (je pèse sur ce mot) en nous retrouvant dans mon appartement fut celui de faire une ou deux bonnes brassées de lavage… Cela fut fait dans les plus brefs délais et nous pûmes ensuite vaquer librement à nos occupations respectives tout en dégageant une fraîche odeur de printemps plutôt qu’une vieille odeur de chaussette moisie. Je passai les premiers jours de notre retour à travailler activement sur la nouvelle version de mon site web tandis que mon père allait de son côté arpenter la ville et visiter quelques musées, dont ceux de la marionnette, de l’automate et des frères Lumières. Je l’accompagnai pour la visite du musée des Beaux-arts et profitai ainsi une dernière fois d’une entrée gratuite grâce à mon statut d’étudiant, puisque ma fausse carte d’étudiant expirait en décembre 2007.
Dans les jours qui suivirent moi et mon père avons beaucoup discuté et nous avons tâché de préparer de bons repas à chaque soir. Nous sommes allés également visiter le musée de la miniature et du décor de cinéma qui c’est avéré surprenant et intéressant; on peut y voir de nombreuses maquettes illustrant des scènes diverses et des immeubles de la ville ainsi que des accessoires et des décors entiers de cinéma. De fait, dans le sous-bassement du musée se trouvaient différents décors ayant servis au tournage du film le Parfum, que nous avons d’ailleurs regardé le soir même de notre visite.
Le soir de la St-Sylvestre, pour célébrer le nouvel an, nous avions décidé d’aller manger tout bonnement dans un restaurant de la ville. Nous nous sommes donc dirigés en plein centre-ville en nous disant bien que si restaurant ouvert et choix il y avait, ce serait dans le centre. Nous avons été à un restaurant, puis à un autre, puis à un autre et ainsi de suite pendant près d’une heure en nous arrêtant devant chacun des restaurants que nous croisions : dans 95% des cas le « menu de la St-Sylvestre » (et oui, surprise! Tous les restaurants n’offrent qu’un seul menu ce soir! Pas moyen d’avoir autre chose…) était truffé de viande, ces menus dépassaient souvent les 80 dollars par personne et lorsqu’il y avait un plat végétarien abordable le restaurant était complet… Nous nous apprêtions sérieusement à aller nous préparer des nouilles « à rien » dans mon appart lorsque nous avons enfin trouvé une pizzeria ouverte sur la place des Terreaux. Nous n’avons pas du tout regretté notre choix : les pizzas étaient très bonnes et au moment de défoncer l’année les employés du restaurant sont venus nous arroser de confettis (nous et les quatre autres clients qui restaient) et de fils collants sortant de des sprays. Ils ont ensuite ouvert une bouteille de champagne et en ont offert à tout le monde.
Le lendemain, j’ai terminé mon nouveau site web et l’ai mis en ligne. Vous pouvez désormais le voir au www.felixgirard.com . Nous avons passé le reste de la semaine à aller ici et là, à discuter et à visiter. Nous avons été quelques fois au cinéma et nous nous sommes rendus jusqu’à la Fourvière et aux ruines romaines. Mon père est parti le 6 janvier en matinée pour aller passer une journée à Paris d’où il est ensuite reparti pour Québec le lendemain.
De nouveau seul dans mon appartement j’ai fais un peu de ménage et me suis remis progressivement à l’ouvrage. J’ai aussi pris un peu de temps pour pousser quelques chansonnettes, car en marchant l’autre jour dans la rue j’ai trouvé dans les poubelles une guitare (!). Pas toute neuve, certes, mais depuis que j’ai remis les deux cordes qu’il manquait et collé du ruban adhésif sur les fentes de la table d’harmonie elle a retrouvé sa jolie voix et moi, avec la mienne de voix, je casse les oreilles de mes voisins depuis ce jour.
Aussi, j’ai mis un terme mercredi dernier à une grande aventure digne de la quête du Graal : j’ai trouvé chaussure à mon pied. En effet, depuis plusieurs mois maintenant je gardais mes vieilles chaussures sur lesquels se formaient des trous qui, bien qu’inoffensifs au début, devenaient de plus en plus gênant au fur et à mesure. J’avais résolu de m’en procurer une nouvelle paire à Barcelone, où on les trouve meilleur marché qu’en France. Cependant, malgré une recherche intensive et acharnée (mon père en est témoin), je n’ai pas trouvé satisfaction dans ce que j’ai vu et ai préféré garder mes souliers malgré leur mutation progressive vers la sandale… Une fois de retour à Lyon, j’ai continué de chercher dans les magasins et n’ai trouvé que des prix exorbitants (100-200 dollars pour une paire de chaussures très normales…). Au désespoir, tel une autre Cendrillon en mal de retrouver sa pantoufle de verre perdue, j’entrai dans un magasin et, ne voyant aucun prix me convenant, demandai au vendeur s’il y avait des soldes quelques part dans la ville… « Ah ben les soldes c’est mercredi voyons! » J’aurai dû m’en douter : il y a des lois en France qui interdisent aux magasins de faire quelque rabais que ce soit avant une certaine date. Je suis donc retourné quelques jours plus tard et j’ai enfin trouvé des chaussures qui me convenaient. Mes vieilles godasses seront exposés quelques jours dans mon salon puis leurs restes seront jetés où envoyés au musée de la guerre comme artefacts.
Mon retour à la solitude a été de courte durée car j’ai hébergé chez moi plusieurs jours un ami, Julien, qui se trouvait entre deux appartements. Nous avons travaillé un peu ensemble dans l’appart, moi à mes pinceaux et lui à sa guitare car il est musicien, et je lui ai fait découvrir quelques films québécois, rapportés par mon père, ainsi que plusieurs épisodes du Cœur a ses Raisons.
Pour l’heure, je suis de nouveau seul et je tâche de reprendre le plus rapidement possible mon rythme de travail. J’ai déjà commencé quelques nouvelles toiles que vous pourrez bientôt voir sur mon site web.
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