jeudi 28 février 2008

Comme une bille dans un flipper

Les dernières semaines qui ont passées ont été assez productives : j’ai terminé quelques nouvelles toiles, j’ai trouvé un moyen de présenter et d’encadrer mes peintures sans avoir à les coller sur du bois, j’ai construit plusieurs cadres, etc. Cependant, tout ceci s’est fait au détriment du bon ordre dans l’appart et pendant une bonne semaine on eut dit un champ de guerre (c’est pas moi qui le dit c’est un de mes voisins); il n’y avait plus un seul couvert dans les tiroirs ni dans les armoires, le comptoir de cuisine était rempli de choses hétéroclites (vaisselle sale, clous, colle, vernis, scie, marteau, chutes de bois, chaussettes, pinceaux,…) et je ne me suis même pas donné la peine de plier mon linge au sortir de la laverie (j’ai préféré faire un tas de linge propre puis un tas de linge sale. Au bout de quelques jours cependant les deux tas se sont défaits et il s’est formé une zone grise entre les deux tas… ).

Par ailleurs, je suis retourné au Sirius, où Vincent donnait un nouveau concert, pour représenter mes toiles sur scène. La soirée s’est bien déroulée mais j’étais complètement chou rave à cause d’un petit début de grippe et n’ai pas tardé à vouloir rentrer.

Aussi, je vais officiellement être on the road again à partir du 8 mars. Ça faisait un moment que je pensais à refaire un petit voyage et ben voilà, j’ai acheté les billets d’avion hier. Donc, je partirais d’ici le 8 pour aller rejoindre mes amis Guy et Marianne qui demeurent à Berlin où je resterai une semaine avant de m’envoler à nouveau pour la Suède le 15. J’atterrirai à Stockholm assez tard le soir et prendrai le temps de faire une courte visite de la ville avant de repartir le 18 pour Bratislava, en Slovaquie. Selon l’ambiance de la ville je resterai peut-être là une nuit ou partirai peut-être immédiatement vers Vienne, qui est tout à côté (60 km). Rendu là je me gaverai le plus possible de viennoiseries avant de revenir du côté de la France le 23. Je n’ai pas réussi à trouver de vol direct entre Vienne et Lyon donc j’atterrirai à Grenoble, une ville pas très loin d’ici. Là vous vous dites peut-être que tous ces vols d’avion doivent coûter une petite fortune et bien que nenni! Mon vol Berlin-Stockholm par exemple me coûte 10 euros, celui de Stockholm-Bratislava 80 couronnes suédoises, soit environ 12$... Bon, ceci dit ça s’est le prix des vols mais évidemment qu’il y a quelques anguilles sous la caillasse : pour chacun de ces vols je dois débourser 13 euros pour amener un bagage de soute et il y a des taxes supplémentaires selon le mode de paiement utilisé. Par ailleurs, pour un périple du genre il était difficile de n’avoir que des billets bas tarifs et j’ai donc dû consentir à payer le tarif régulier pour mon vol Vienne-Grenoble, m’évitant ainsi d’avoir à rebrousser chemin (Vienne-Bratislava-Stockholm-Grenoble) pour économiser quelques euros (et même, ça reste à voir…). Ça sera plus rapide comme ça de toute manière mais je me suis rendu compte après avoir acheté le billet qu’il y avait une escale… à Londres. Soit, Londres me revoilà! Je n’y serai que quelques heures et ça me permettra de découvrir le plus gros aéroport du monde.

Donc je vais essayer de bien me bouger les miches d’ici à mon départ pour terminer le plus de trucs possibles et m’assurer que mon absence ne ralentisse pas trop mon rythme de production et mes projets. Je vous en redonne des nouvelles!

lundi 11 février 2008

Quelques sorties sympas

Encore un petit mot pour vous raconter quelques trucs que j’ai fait récemment avant de les oublier.

Jeudi dernier un de mes voisins est venu frapper à ma porte pour me proposer d’aller faire de l’escalade avec lui et ses collègues de classe. J’avais un peu la flemme de travailler et de m’attaquer à la montagne de vaisselle sur le comptoir alors j’ai accepté, à condition qu’il me laisse deux minutes pour enfiler mes shorts de sport, bien rangées sous une couche de poussière dans le fond de mon armoire. Le centre d’escalade n’est pas très loin de l’appartement et est situé dans ce qui semble être une usine désaffectée. J’ai d’ailleurs été surpris de la hauteur du bâtiment qui ne fait pas plus de deux étages, je m’attendais plutôt à un truc comme le Roc Gym à Québec. En fait, la différence c’est que ce centre est réservé à la pratique de manœuvres techniques. Il y a des cloisons un peu partout remplies de prises d’escalade à côté desquelles se trouvent des collant de couleurs et de formes différentes; le défi est de partir d’un point précis et de ne prendre que les prises allouées pour un parcours donné. Évidemment, certains parcours sont plus difficiles que d’autres et je l’ai appris à mes dépends lorsque j’ai voulu faire un parcours noir et n’ai même pas pu attraper la deuxième prise avant de m’effondrer mollement sur les coussins du plancher. Nous avons passé environ deux heures là-bas à la suite desquelles je peux dire que l’escalade me plaît bien, quoi que sa pratique va demander de ma part un peu plus d’entrainement : à la sortie du centre, mes bras ressemblaient à deux nouilles trop cuites et mes mains étaient truffées de petites ampoules…

Une autre activité particulière que j’ai faite récemment fut de me rendre avec Vincent dans un studio de répétition. Vincent, en plus d’avoir son propre groupe, The Invaders, est également batteur pour le groupe pop/rock The Referees. J’ai pris plusieurs photos pendant la répétition qui pourrons servir au groupe et qui me serviront éventuellement pour différents projets. Je vous laisse regarder tout ça par vous-même et imaginer les décibels dans le studio…

jeudi 7 février 2008

Retour à la vie normale

La vie suit son cours normal depuis quelques semaines ici à Lyon. J’ai repris mon rythme de travail (même que j’ai l’impression de l’avoir augmenté), je fais les courses, je vois mes amis, etc. Déjà j’ai plus de la moitié du voyage derrière moi alors je commence à préparer mes derniers mois et je m’organise pour réussir à faire tout ce que je veux encore faire ici.

D’abord, j’aimerais beaucoup arriver à terrasser mon ennemie la plus vile ; elle est immense et grossit à une vitesse exponentielle, m’oblige à faire des centaines de pas pour lui arracher la victoire d’une bataille (mais pas de la guerre), me laisse souvent sans issue et me pèse sur le moral comme dix tonnes de briques. Vous avez bien sûr reconnu l’administration française et ses tentacules qui vous serrent la gorge et qui vous sucent toute l’énergie. De fait, comme je crois l’avoir déjà dit, je tente de déposer un formulaire pour bénéficier de l’allocation au logement, à laquelle j’ai droit. Je vous ai déjà fait le récit d’une partie de l’histoire il me semble : j’ai dû aller chercher un formulaire spécial que j’ai mis un temps fou à comprendre et à compléter parce qu’une partie du document devait être remplie par le propriétaire, j’avais besoin de certains documents que je n’avais pas, etc. Quand, finalement, le formulaire a été rempli, je m’en fus porter fièrement mes papiers et les documents nécessaires à la CAF (l’institution qui gère ce type de prestations) en ayant l’impression de voir enfin poindre le jour dans la nuit noire. Je me trompais : ce n’était pas le jour mais les lueurs des feux de bataille qui annonçaient que la guerre ne faisait que commencer. En effet, alors que je croyais avoir en main tous les documents nécessaires on me dit que le visa de séjour ne constituait pas un titre de séjour et que, conséquemment, je devrais me rendre à la préfecture du Rhône. Soit, je m’y suis rendu immédiatement en espérant pouvoir régler tout ça rapidement.

De toutes les institutions sociales que j’ai pu voir dans ma vie celle-là est de loin la plus terrible. Je pèse mes mots. Imaginez une petite salle sombre dans laquelle des centaines et des centaines de magrébins, d’algériens, de polonais, … sont entassés, se pilent presque les uns sur les autres, font la queue devant une machine distributrice de friandises… Sur le plafond est accroché un afficheur numérique et juste en-dessous se trouve un distributeur de numéros. Comme je me suis senti pris d’un grand vertige et profondément découragé je n’ai pas dépassé le portique à ma première visite et suis sorti immédiatement, pour échapper au plus vite à ce cirque.

En allant voir sur le net j’ai compris ce qu’impliquait la demande d’un titre de séjour. J’avais besoin de plusieurs documents que je n’avais pas, j’ai dû faire venir mon certificat de naissance original du Québec, me faire faire des photos d’identité, faire la demande d’une attestation de résidence auprès de la compagnie d’électricité, etc. J’ai voulu retourner à la préfecture un matin : celle-ci ouvre à 9h, j’y étais à 9h15. J’ai pris un numéro, le 479, l’afficheur montrait le 372. J’ai entendu un peu en me disant que ça irait probablement assez vite. Dix minutes plus tard le 373 sortait. Je suis donc sorti prendre une grande bouffée d’air frais pour éviter de m’ouvrir les veines et me suis rendu en ville pour m’y balader. Je suis revenu une heure plus tard : le 384 . Je suis reparti, j’ai été me faire couper les cheveux, j’ai marché, j’ai rencontré un ami et nous avons bavardés un peu pour revenir deux heures plus tard : le 410. Il était presque midi, j’avais faim, j’en avais plus que marre et je savais que je n’avais pas tous les papiers nécessaires pour me faire faire un titre de séjour. Je suis retourné chez moi, je ne sais pas si j’arriverai à dépasser cette étape. Mais assez parlé de mes mésaventures administratives.

Depuis quelques jours je travaille sur le visuel d’un chanteur-compositeur qui est devenu un bon copain et que j’ai été voir en spectacle avant-hier. Le concert se donnait sur une péniche-bar et a été très apprécié par tout le monde. Vincent, le chanteur, m’avait demandé de décorer la scène avec quelques unes de mes toiles pour créer un univers. Vous pourrez voir le résultat sur les quelques photos que j’ai prises pendant le spectacle.

On me dit qu’il neige à Québec; ici c’est plutôt automnal comme température. Il fait parfois au dessus de 15 degrés, les gens se baladent en pull ou même en t-shirt.

Je vous redonne des nouvelles bientôt.