vendredi 30 mai 2008
Départ
Ça y est c'est l'heure. Je suis en train d'essayer de compresser tous mes bagages dans mon sac puis je vais aller régler deux ou trois trucs administratifs et ce soir à 20h je prends le train pour Paris. Mon avion partira demain à 13h40 et je serai à Montréal à 15h10. Je vous raconterez les détails des derniers jours un peu plus tard. Pour la plupart d'entre vous je pourrai bientôt le faire de vive voix de toute manière. Québec, j'arrive!
lundi 26 mai 2008
Une dernière saucette dans la méditerranée et je file…
Le 10 mai dernier Guy et Marianne, mes amis qui demeuraient à Berlin, sont venus passer une nuit à Lyon car ils avaient légèrement changé leur itinéraire de voyage et c’était plus facile ainsi : au lieu de passer par l’Italie pour aller de la Suisse au sud de la France ils ont choisi de couper un peu vers l’ouest et de venir faire un saut à Lyon. Ça leur permis de laisser chez moi leurs gros sacs de voyage de 30 kilos puisqu’ils repassaient quelques jours plus tard après avoir rendu visite à Élise à Aix-en-Provence. Ils sont arrivés dans l’après-midi et nous sommes ensuite allés faire les courses afin de nous faire une bonne bouffe. Le soir, en parlant autour de la table, ils m’ont demandé si je voulais venir avec eu le lendemain pour faire du pouce jusqu’à Aix. J’ai réfléchi un petit moment puis je me suis dit que finalement quelques jours dans le sud ça ne me ferait pas de tort et j’ai accepté. Comme il y a plus de 300 kilomètres qui séparent Lyon de Aix et que l’auto-stop peut parfois s’avérer infructueux dans cette région nous devions prévoir du matériel de secours, en l’occurrence une tente une place (pour trois c’est un peu juste mais c’est mieux que rien). De fait, j’ai appelé Vincent le soir avant notre départ pour lui expliquer notre situation et il m’a assuré qu’il y avait une tente chez sa mère qu’il pouvait me prêter. Le lendemain, sa mère est partie de la lointaine banlieue lyonnaise expressément pour porter la tente chez Vincent en ville. Nous sommes allés la récupérer vers 11h30 pour ensuite filer directement vers la gare de Perrache où selon certaines sources il faisait bon tendre le pouce.
Arrivés au lieu-dit nous avons constaté avec déception que nous n’étions pas les seuls à tenter d’appâter les automobilistes : un homme se trouvait déjà là avec un petit carton brun sur lequel était écrit au stylo « St-Étienne » (du moins c’est ce que nous avons pu lire en allant lui parler, c’était illisible à deux mètres de distance). L’homme, à qui nous avions poliment demandé où il allait et où nous pouvions nous placer pour ne pas nous nuire mutuellement, nous a grommelé quelque chose qui, pour paraphraser, sonnait assez comme « Allez vous faire foutre ». Nous sommes allés nous placer à bonne distance de cet ostrogoth pour entamer nos manœuvres de séduction routière. À notre grande surprise, l’original s’approchait progressivement et vint pousser l’affront jusqu’à se piquer juste en face de nous. Nous lui expliquâmes avec beaucoup de calme que nous devions nous distancer parce que sinon les gens croiraient que nous sommes ensemble. Nous décidâmes d’aller nous fixer directement à l’entrée de l’autoroute, un peu plus loin. De là, nous vîmes notre forcené injurier et cracher sur les voitures qui passaient puis se jeter carrément au milieu de l’autoroute pour arrêter les automobilistes. Aussi étonnant que cela puisse paraître notre ami n’eut pas grand succès à fonctionner ainsi et, encore une fois, il s’approchait de nous avec détermination. Nous en eûmes marre et nous décidâmes de changer d’endroit encore une fois. Nous sommes allés nous poster devant un petit café ou il y avait une bretelle d’entrée vers l’autoroute. Nous brandîmes encore une fois nos pancartes en espérant trouver au plus vite pour filer loin du maniaque. D’ailleurs, devinez qui vint s’asseoir sur la terrasse du café derrière nous? Et oui! Lui-même. Nous commencions à moins aimer l’idée de le savoir près de nous et nous savions bien que son plan était de s’imposer lorsque nous aurions réussi à arrêter quelqu’un. Heureusement, un couple sortit peu après d’un immeuble à côté et nous proposa de nous amener à Vienne (la ville française, pas l’autrichienne). Nous sautâmes sur l’occasion, bien content de quitter enfin le timbré qui à bien y penser devait être un prisonnier venant d’être libérer. De fait, nous faisions du pouce juste à côté de la maison d’arrêt de Perrache, nous le saurons pour la prochaine fois…
Nous avons donc entamés la route et la journée s’est relativement bien déroulée. Nous avons été coincés un petit moment dans le très excitant village de Livron (où il y a des séances de poterie ainsi qu’un don de sang organisé au milieu du mois de mai) mais après nous en être sortis nous avons trouvé quelqu’un qui se rendait directement à Aix. En tout il nous aura fallu six voitures différentes et environ 7h30 pour nous rendre à destination.
Arrivés dans le village Élise nous attendait près de la Rotonde, une grande fontaine en plein centre. Nous avons pris dix minutes pour bien faire le tour de la ville puis nous avons cherché un petit resto pour aller nous sustenter. Nous arrêtâmes sur la terrasse d’un restaurant vietnamien qui offrait certains menus abordables. Le repas terminé, nous allèrent chez Élise qui depuis quelques temps avait dû quitter un magnifique appartement au centre-ville pour une minuscule chambre dans une résidence pour étudiants. Nous devions faire attention en entrant car les visites étaient interdites dans l’immeuble. Après avoir discuté un peu nous installâmes les couchettes improvisés dans la chambre : deux personnes dormaient dans le lit, une sur l’édredon et l’autre sur un matelas de sol.
Le lendemain, comme Élise était occupée pour la journée, nous décidâmes d’aller voir Marseille. Un bus fait la navette plusieurs fois par jour entre les deux villes alors nous n’avons pas eu de mal à nous rendre. La température était franchement incertaine à notre arrivée et il a plu une bonne partie de la journée. Après avoir fait un petit tour de la ville et avoir avalé un morceau nous avons pris le bateau pour nous rendre au château d’If, la fameuse prison dans le roman le Comte de Monte-Cristo d’où s’échappe Edmond Dantès. La visite du bâtiment était intéressante et nous avons pu voir et entrer dans plusieurs des cellules du château. Nous sommes ensuite repartis vers Marseille où nous avons eu un grand coup de barre. Nous avons pris un petit café pour nous réveiller un peu et nous sommes ensuite retournés prendre la navette vers Aix. Arrivés là nous avons rejoins Élise et nous avons fait le souper dans la cuisine de la résidence.
Le lendemain nous avons décidé de tenter l’ascension de la montagne Ste-Victoire, la fameuse montagne que peignait sans arrêt Cézanne. Nous avons pris une petite navette qui se rendait au pied de la montagne à partir du centre de Aix. De là nous avons fait quelques provisions à prix d’or (les épiceries dans les petits villages sont souvent hors de prix) et nous avons commencé la marche. Manque de bol, arrivés presque au sommet, là ou la montagne est dégarnie, il se mit à pleuvoir et nous devions chercher un endroit où nous arrêter pour manger. Après quelques tentatives infructueuses nous décidâmes d’aller rejoindre le prieuré tout en haut où nous nous sommes abrités tant bien que mal sous un arbre alors que le mauvais temps battait son plein. Après le pique-nique nous avons gravi les dernières marches qui nous séparaient de la croix du sommet et, selon la tradition, nous avons ouvert une bouteille de pastis. La descente fut beaucoup plus sportive que la montée car nous avons emprunté un flan de la montagne beaucoup plus accidenté. Nous sommes revenus à Aix à temps pour aller à l’épicerie et nous avons préparé le repas avant d’aller au lit.
Le lendemain c’était jour de plage. Nous sommes partis tôt le matin pour nous rendre à Cassis, petite ville en bord de mer, où moi et Élise avions déjà été dans un voyage précédant. Nous avons acheté quelques olives au marché public, deux baguettes et puis nous nous sommes dirigés vers une petite crique inconnue des touristes où nous avions la plage presque à nous seuls. Nous nous sommes baignés encore et encore dans l’eau claire et saline de la méditerranée en faisait une pause de temps à autre pour aller manger un bout sur la plage. À un moment moi et Guy étions au large en train d’observer un banc de poissons tropicaux quand Guy me dit qu’il sentait quelque chose de bizarre dans l’eau. Je plongeai la tête sous l’eau et je vis une méduse d’une dizaine de centimètres de diamètre juste devant mon nez. Nous avons décampés en vitesse et heureusement aucun de nous n’a eu de brûlures. Nous avons ensuite rangé nos affaires et nous sommes repartis prendre la navette vers Aix.
Le lendemain je me suis levé vers 5h15 pour aller attraper mon train qui m’a ramené chez moi à Lyon en matinée. J’ai fait un somme puis je me suis mis au boulot pour le reste de la journée.
Deux jours plus tard Guy et Marianne revenaient chez moi, ils avaient passé une autre journée à Aix et une à Laguiole, un petit village spécialisé dans la coutellerie. Comme ils étaient sur la fin de leur voyage et qu’ils devaient aller prendre l’avion à Paris quelques jours plus tard nous avons surtout pris ça relaxe et nous en avons profité pour faire un peu de cuisine. La veille de leur départ nous sommes allés voir Bienvenue chez les Ch’tis au cinéma, c’était bien marrant.
Après leur départ j’ai entamé le sprint final pour terminer toutes mes commandes ce qui fut fait hier à 19h. Maintenant, dans les cinq jours qui me restent à Lyon, je compte voir tous mes amis afin de leur faire mes adieux et mes aurevoirs, je vais régler tous les trucs administratifs et je vais vider mon appartement avant d’aller à Paris ce vendredi d’où je prendrai l’avion pour le Québec le lendemain.
samedi 17 mai 2008
En toute chose il faut considérer la fin
La fin, et oui c’est déjà presque la fin. Mon billet de retour est désormais réservé et le jour du départ approche à très grands pas : je partirai de Paris le 31 mai prochain pour retrouver ma terre natale et mettrai ainsi un terme à mon périple en Europe et à ma vie en France. Je ne ferai pas tout de suite le bilan de mon voyage puisque celui-ci n’est pas encore achevé mais je tenais à vous mettre au fait de ce qui s’est passé durant les derniers mois où j’ai fait preuve d’un mutisme résolu sur le blog, faute de temps pour écrire.
À mon retour de voyage en mars dernier, si je me souviens bien, je me suis remis rapidement au travail afin de ne pas augmenter le retard dans mes commandes qu’avait occasionné mon absence momentanée. J’ai été démonter l’exposition que j’avais installé au bar la Mi Graine la journée avant mon départ et sur le chemin du retour je me suis arrêté dans quelques cafés pour voir si une exposition était possible, ce qui n’a été le cas nulle part. J’ai quand même réussi à me faire libérer deux semaines d’exposition au mois d’avril chez Graphigro, le Omer DeSerres français, où certains murs sont équipés de systèmes d’accrochages et où des artistes exposent régulièrement.
À partir du mois de mai j’ai eu chez moi plusieurs visiteurs du Québec qui dans leurs voyages respectifs en Europe faisaient escale à Lyon.
D’abord, Êve et Manon, deux amies du CEGEP qui terminaient un long voyage d’errance dans toute l’Europe, sont venues pendant quelques jours durant lesquels nous avons boustifaillé et trinqué à souhait. Se sont jointes à toutes nos festivités deux amies d’Êve, Véronique et Jasmine, qui se trouvaient également à Lyon pour un stage. Pendant plusieurs jours les repas du soir se sont présentés environ de cette manière : pour l’apéro deux baguettes de pain et trois ou quatre fromages, une salade format jardin pour l’entrée, un repas principal (végétarien, cela va sans dire) que nous avons toujours eu beaucoup de mal à terminer, quelques desserts de 8 ou 9 parts chacun et quatre ou cinq bouteilles de vin, bien sûr. Tout de même, pour nous repentir de notre gourmandise nous avons décidé de louer une voiture le dimanche afin de nous rendre à la campagne pour y faire une randonnée. Après avoir mis un moment à comprendre et à faire parler le GPS nous sommes arrivés à Saint-Machin dans le Beaujolais où j’ai enfin pu me rouler dans le gazon et prendre une grande bouffée d’écureuils et de fleurs sauvages (Depuis que je suis en Europe je n’ai jamais été que dans des grandes villes en plein centre urbain et moi qui suis un homme des bois j’avais un réel besoin de me sortir un peu des quatre murs de pierre de mon appartement).
Nous nous sommes donc aventurés parmi les vignobles avec une carte des sentiers du secteur en main. Arrivé au cinquième du chemin environ, pour ne pas nous épuiser, nous avons fait une pause et, fidèles à nos habitudes, nous avons pique-niqué comme se le devaient de téméraires explorateurs de notre trempe. Repus, nous avons continué l’ascension vers les vertigineux sommets des coteaux et des tertres avoisinants puis nous nous sommes défrichés un chemin de fortune à travers des sentiers parsemés de cailloux et de brindilles avec force courage et détermination. Tout allait plutôt bien jusqu’à ce que nous arrivions à Saint-Paumés-les-Bains, un petit hameau où nous n’avions rien à faire sinon être perdus et ne plus savoir comment retrouver le sentier. Nous avons tourné en rond quelques minutes puis nous avons rencontré d’autres randonneurs à qui il nous a été possible de demander notre chemin. Ces gens ont été bien aimables mais ils ne connaissaient pas mieux que nous la façon de retrouver le sentier. Par contre, de où nous étions nous pouvions voir St-Machin où nous avions garé la voiture et s’eut été très facile de s’y rendre à vol d’oiseau. Ainsi, guidés par notre seul instinct, nous détruisîmes la carte des sentiers afin qu’elle n’induise plus aucun autre pauvre promeneur innocent en erreur et nous coupâmes à travers bois. Le chemin fut rude (pour vrai cette fois-ci) : des barbelés, une rivière à traverser, une petite montagne à franchir par les sous-bois, des champs de ronces, etc. Après plus d’une heure à ce régime nous sommes enfin arrivés à la voiture et nous avons repris la route vers Lyon.
Durant le reste de leur séjour à Lyon Êve et Manon sont allées visiter quelques musées pendant que je travaillais un peu chez moi et nous sommes allés nous balader dans le parc de la Tête d’or où nous nous sommes littéralement fait chier dessus (Êve, Manon, Julien, sa copine et moi-même étions assis sur une terrasse dans le parc et, l’un après l’autre, en moins de deux minutes, nous avons été pris pour cible par des oiseaux… ont aurait peut-être dû acheter un billet de Loto ce jour là.) Les filles sont ensuite reparties vers Londres où elles devaient régler certaines choses avant de reprendre l’avion pour retourner au Québec.
Le lendemain du départ d’Êve et Manon ce fut au tour de Laura de me rendre visite. Après avoir passé deux mois au Rwanda à faire de l’aide humanitaire Laura s’est déplacée vers l’Europe où elle a visité Amsterdam, Bruxelles, Londres et Paris avant de se diriger vers Lyon. La semaine où elle a été chez moi a été plutôt relaxe : comme elle ne tenait pas à faire tous les musées de la ville je lui ai proposé la visite de quelques endroits intéressants et lui ai conseillé la visite de certains musées. Nous avons pris le temps de nous faire de bons repas à tous les soirs et nous sommes sortis en ville quelques fois avec Vincent.
Pendant ce temps les beaux jours sont revenus en force à Lyon et j’ai passé la semaine suivante à peindre et à rattraper mon retard à côté de la fenêtre ouverte. Il semble que retour du soleil et de la chaleur aient fait beaucoup de bien à la morosité générale qui planait dans mon quartier depuis quelques temps. Les gens ont quitté leurs uniformes noirs lyonnais pour des vêtements plus colorés et moins ennuyants.
La fin de semaine suivante Élise, mon ancienne copine, est venue d’Aix-en-Provence me visiter. Comme il y avait un moment déjà que nous ne nous étions pas vus nous avons passé un bon moment à discuter et à prendre des nouvelles l’un de l’autre. Nous sommes également allés en banlieue de Lyon où se trouve un grand lac autour duquel il y a quelques sentiers relativement sauvages. Élise devant aller en classe le lundi elle est partie le dimanche soir pour Aix.
Par la suite j’ai entamé une période d’intense production artistique et j’ai pu enfin rattraper en grande partie mon retard. J’ai aussi pris le temps de m’informer quant à certaines choses inhérentes à mon départ et j’ai commencé quelques démarches pour ne pas avoir à tout faire à la dernière minute.
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