La fin, et oui c’est déjà presque la fin. Mon billet de retour est désormais réservé et le jour du départ approche à très grands pas : je partirai de Paris le 31 mai prochain pour retrouver ma terre natale et mettrai ainsi un terme à mon périple en Europe et à ma vie en France. Je ne ferai pas tout de suite le bilan de mon voyage puisque celui-ci n’est pas encore achevé mais je tenais à vous mettre au fait de ce qui s’est passé durant les derniers mois où j’ai fait preuve d’un mutisme résolu sur le blog, faute de temps pour écrire.
À mon retour de voyage en mars dernier, si je me souviens bien, je me suis remis rapidement au travail afin de ne pas augmenter le retard dans mes commandes qu’avait occasionné mon absence momentanée. J’ai été démonter l’exposition que j’avais installé au bar la Mi Graine la journée avant mon départ et sur le chemin du retour je me suis arrêté dans quelques cafés pour voir si une exposition était possible, ce qui n’a été le cas nulle part. J’ai quand même réussi à me faire libérer deux semaines d’exposition au mois d’avril chez Graphigro, le Omer DeSerres français, où certains murs sont équipés de systèmes d’accrochages et où des artistes exposent régulièrement.
À partir du mois de mai j’ai eu chez moi plusieurs visiteurs du Québec qui dans leurs voyages respectifs en Europe faisaient escale à Lyon.
D’abord, Êve et Manon, deux amies du CEGEP qui terminaient un long voyage d’errance dans toute l’Europe, sont venues pendant quelques jours durant lesquels nous avons boustifaillé et trinqué à souhait. Se sont jointes à toutes nos festivités deux amies d’Êve, Véronique et Jasmine, qui se trouvaient également à Lyon pour un stage. Pendant plusieurs jours les repas du soir se sont présentés environ de cette manière : pour l’apéro deux baguettes de pain et trois ou quatre fromages, une salade format jardin pour l’entrée, un repas principal (végétarien, cela va sans dire) que nous avons toujours eu beaucoup de mal à terminer, quelques desserts de 8 ou 9 parts chacun et quatre ou cinq bouteilles de vin, bien sûr. Tout de même, pour nous repentir de notre gourmandise nous avons décidé de louer une voiture le dimanche afin de nous rendre à la campagne pour y faire une randonnée. Après avoir mis un moment à comprendre et à faire parler le GPS nous sommes arrivés à Saint-Machin dans le Beaujolais où j’ai enfin pu me rouler dans le gazon et prendre une grande bouffée d’écureuils et de fleurs sauvages (Depuis que je suis en Europe je n’ai jamais été que dans des grandes villes en plein centre urbain et moi qui suis un homme des bois j’avais un réel besoin de me sortir un peu des quatre murs de pierre de mon appartement).
Nous nous sommes donc aventurés parmi les vignobles avec une carte des sentiers du secteur en main. Arrivé au cinquième du chemin environ, pour ne pas nous épuiser, nous avons fait une pause et, fidèles à nos habitudes, nous avons pique-niqué comme se le devaient de téméraires explorateurs de notre trempe. Repus, nous avons continué l’ascension vers les vertigineux sommets des coteaux et des tertres avoisinants puis nous nous sommes défrichés un chemin de fortune à travers des sentiers parsemés de cailloux et de brindilles avec force courage et détermination. Tout allait plutôt bien jusqu’à ce que nous arrivions à Saint-Paumés-les-Bains, un petit hameau où nous n’avions rien à faire sinon être perdus et ne plus savoir comment retrouver le sentier. Nous avons tourné en rond quelques minutes puis nous avons rencontré d’autres randonneurs à qui il nous a été possible de demander notre chemin. Ces gens ont été bien aimables mais ils ne connaissaient pas mieux que nous la façon de retrouver le sentier. Par contre, de où nous étions nous pouvions voir St-Machin où nous avions garé la voiture et s’eut été très facile de s’y rendre à vol d’oiseau. Ainsi, guidés par notre seul instinct, nous détruisîmes la carte des sentiers afin qu’elle n’induise plus aucun autre pauvre promeneur innocent en erreur et nous coupâmes à travers bois. Le chemin fut rude (pour vrai cette fois-ci) : des barbelés, une rivière à traverser, une petite montagne à franchir par les sous-bois, des champs de ronces, etc. Après plus d’une heure à ce régime nous sommes enfin arrivés à la voiture et nous avons repris la route vers Lyon.
Durant le reste de leur séjour à Lyon Êve et Manon sont allées visiter quelques musées pendant que je travaillais un peu chez moi et nous sommes allés nous balader dans le parc de la Tête d’or où nous nous sommes littéralement fait chier dessus (Êve, Manon, Julien, sa copine et moi-même étions assis sur une terrasse dans le parc et, l’un après l’autre, en moins de deux minutes, nous avons été pris pour cible par des oiseaux… ont aurait peut-être dû acheter un billet de Loto ce jour là.) Les filles sont ensuite reparties vers Londres où elles devaient régler certaines choses avant de reprendre l’avion pour retourner au Québec.
Le lendemain du départ d’Êve et Manon ce fut au tour de Laura de me rendre visite. Après avoir passé deux mois au Rwanda à faire de l’aide humanitaire Laura s’est déplacée vers l’Europe où elle a visité Amsterdam, Bruxelles, Londres et Paris avant de se diriger vers Lyon. La semaine où elle a été chez moi a été plutôt relaxe : comme elle ne tenait pas à faire tous les musées de la ville je lui ai proposé la visite de quelques endroits intéressants et lui ai conseillé la visite de certains musées. Nous avons pris le temps de nous faire de bons repas à tous les soirs et nous sommes sortis en ville quelques fois avec Vincent.
Pendant ce temps les beaux jours sont revenus en force à Lyon et j’ai passé la semaine suivante à peindre et à rattraper mon retard à côté de la fenêtre ouverte. Il semble que retour du soleil et de la chaleur aient fait beaucoup de bien à la morosité générale qui planait dans mon quartier depuis quelques temps. Les gens ont quitté leurs uniformes noirs lyonnais pour des vêtements plus colorés et moins ennuyants.
La fin de semaine suivante Élise, mon ancienne copine, est venue d’Aix-en-Provence me visiter. Comme il y avait un moment déjà que nous ne nous étions pas vus nous avons passé un bon moment à discuter et à prendre des nouvelles l’un de l’autre. Nous sommes également allés en banlieue de Lyon où se trouve un grand lac autour duquel il y a quelques sentiers relativement sauvages. Élise devant aller en classe le lundi elle est partie le dimanche soir pour Aix.
Par la suite j’ai entamé une période d’intense production artistique et j’ai pu enfin rattraper en grande partie mon retard. J’ai aussi pris le temps de m’informer quant à certaines choses inhérentes à mon départ et j’ai commencé quelques démarches pour ne pas avoir à tout faire à la dernière minute.
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